mercredi 21 juin 2017

Prochain article



Le prochain article sera consacré à l'Assomption.
Il sera publié quelques jours avant le 15 août.

dimanche 18 juin 2017

Le Rosaire

Les entretiens du dimanche
34

La prière (3)

Le Rosaire

Théophile a provisoirement renoncé à préparer un exposé sur la prière du Notre Père, se rangeant à l'avis du Père Stanislas. Ayant déjà eu l'occasion de méditer sur le Rosaire, il se décida pour un résumé sur ce sujet, fortement inspiré des textes de Saint Jean-Paul II.
*****
Le Rosaire est composé de vingt "mystères" (événements, moments significatifs) de la vie de Jésus et de Marie, divisés en quatre chapelets, après la publication de la Lettre apostolique   Rosarium Virginis Mariae.
Le premier chapelet comprend les mystères joyeux ( priés et médités les lundi et samedi), le deuxième les  mystères lumineux (priés et médités le jeudi), le troisième les mystères douloureux (priés et médités les mardi et vendredi) et le quatrième les mystères glorieux (priés et médités les mercredi et dimanche). "Cette indication n'entend pas toutefois limiter une certaine liberté dans la méditation personnelle et communautaire, en fonction des exigences spirituelles et pastorales, et surtout des fêtes liturgiques qui peuvent susciter d'heureuses adaptations.".
Le Rosaire de la Vierge Marie, qui s'est développé progressivement au cours du deuxième millénaire sous l'inspiration de l'Esprit de Dieu, est une prière aimée de nombreux saints et encouragée par le Magistère. Dans sa simplicité et dans sa profondeur, il reste, même dans le troisième millénaire commençant, une prière d'une grande signification, destinée à porter des fruits de sainteté. Cette prière se situe bien dans la ligne spirituelle d'un christianisme qui, après deux mille ans, n'a rien perdu de la fraîcheur des origines et qui se sent poussé par l'Esprit de Dieu à « avancer au large » (Duc in altum!) pour redire, et même pour “crier” au monde, que le Christ est Seigneur et Sauveur, qu'il est « le chemin, la vérité et la vie » (Jn 14, 6), qu'il est «la fin de l'histoire humaine, le point vers lequel convergent les désirs de l'histoire et de la civilisation ».(Cf. Concile œcuménique Vatican II : Constitution pastorale sur l'Église dans le monde de ce temps Gaudium et spes, n.45.)
En effet, tout en ayant une caractéristique mariale, le Rosaire est une prière dont le centre est christologique. Dans la sobriété de ses éléments, il concentre en lui la profondeur de tout le message évangélique, dont il est presque un résumé : Paul VI, dans l'exhortation apostolique Marialis cultus, souligna, en harmonie avec l'inspiration du Concile Vatican II, le caractère évangélique du Rosaire et son orientation christologique.
 En lui résonne à nouveau la prière de Marie, son Magnificat permanent pour l'œuvre de l'Incarnation rédemptrice qui a commencé dans son sein virginal. Avec lui, le peuple chrétien se met à l'école de Marie, pour se laisser introduire dans la contemplation de la beauté du visage du Christ et dans l'expérience de la profondeur de son amour. Par le Rosaire, le croyant puise d'abondantes grâces, les recevant presque des mains mêmes de la Mère du Rédempteur. 
Saint Jean-Paul II rappelle qu’il n’a négligé aucune occasion pour exhorter à la récitation fréquente du Rosaire. Depuis ses plus jeunes années, cette prière a eu une place importante dans sa vie spirituelle. Le Rosaire l'a accompagné dans les temps de joie et dans les temps d'épreuve. Il lui a confié de nombreuses préoccupations. En lui, il a toujours trouvé le réconfort.
C'est pourquoi, faisant suite à la réflexion proposée dans la Lettre apostolique Novo millennio ineunte, dans laquelle, après l'expérience jubilaire, il a invité le Peuple de Dieu à «repartir du Christ »,il a senti la nécessité de développer une réflexion sur le Rosaire, presque comme un couronnement marial de cette lettre apostolique, pour exhorter à la contemplation du visage du Christ en compagnie de sa très sainte Mère et à son école. En effet, réciter le Rosaire n'est rien d'autre que contempler avec Marie le visage du Christ.
        L'opportunité d'une telle initiative découle de diverses considérations:
1- La première concerne l'urgence de faire face à une certaine crise de cette prière qui, dans le contexte historique et théologique actuel, risque d'être à tort amoindrie dans sa valeur et ainsi rarement proposée aux nouvelles générations.
2- D'aucuns pensent que le caractère central de la liturgie, à juste titre souligné par le Concile œcuménique Vatican II, a eu comme conséquence nécessaire une diminution de l'importance du Rosaire. En réalité, comme le précisait Paul VI, cette prière non seulement ne s'oppose pas à la liturgie, mais en constitue un support, puisqu'elle l'introduit bien et s'en fait l'écho, invitant à la vivre avec une plénitude de participation intérieure, afin d'en recueillir des fruits pour la vie quotidienne.
3- D'autres craignent peut-être qu'elle puisse apparaître peu œcuménique en raison de son caractère nettement marial. En réalité, elle se situe dans la plus pure perspective d'un culte à la Mère de Dieu, comme le Concile Vatican II l'a défini: un culte orienté vers le centre christologique de la foi chrétienne, de sorte que, « à travers l'honneur rendu à sa Mère, le Fils [...] soit connu, aimé, glorifié ».S'il est redécouvert de manière appropriée, le Rosaire constitue une aide, mais certainement pas un obstacle à l'œcuménisme.
4- Cependant, la raison la plus importante de redécouvrir avec force la pratique du Rosaire est le fait que ce dernier constitue un moyen très valable pour favoriser chez les fidèles l'engagement de contemplation du mystère chrétien que Saint Jean-Paul II a proposé dans la lettre apostolique  Novo millennio ineunte comme une authentique “pédagogie de la sainteté”: « Il faut un christianisme qui se distingue avant tout dans l'art de la prière. Alors que dans la culture contemporaine, même au milieu de nombreuses contradictions, affleure une nouvelle exigence de spiritualité, suscitée aussi par les influences d'autres religions, il est plus que jamais urgent que nos communautés chrétiennes deviennent d'authentiques écoles de prière »
5- Certaines circonstances historiques ont contribué à une meilleure actualisation du renouveau du Rosaire. La première d'entre elles est l'urgence d'implorer de Dieu le don de la paix. Au début d'un millénaire, qui a commencé avec les scènes horribles de l'attentat du 11 septembre 2001 et qui enregistre chaque jour dans de nombreuses parties du monde de nouvelles situations de sang et de violence, redécouvrir le Rosaire signifie s'immerger dans la contemplation du mystère de Celui « qui est notre paix », ayant fait « de deux peuples un seul, détruisant la barrière qui les séparait, c'est-à- dire la haine » (Ep 2, 14). On ne peut donc réciter le Rosaire sans se sentir entraîné dans un engagement précis de service de la paix, avec une attention particulière envers la terre de Jésus, encore si éprouvée, et particulièrement chère au cœur des chrétiens.
6- De manière analogue, il est urgent de s'engager et de prier pour une autre situation critique de notre époque, celle de la famille, cellule de la société, toujours plus attaquée par des forces destructrices, au niveau idéologique et pratique, qui font craindre pour l'avenir de cette institution fondamentale et irremplaçable, et, avec elle, pour le devenir de la société entière. Dans le cadre plus large de la pastorale familiale, le renouveau du Rosaire dans les familles chrétiennes se propose comme une aide efficace pour endiguer les effets dévastateurs de la crise actuelle.

Théophile ajouta à ces extraits une méditation personnelle sur les mystères joyeux. La voici:
Octobre est le mois du Rosaire. Le Rosaire de la Vierge Marie est une prière aimée de nombreux saints et encouragée par l’Église. Prière simple mais ne manquant pas de profondeur, le Rosaire se composait jusqu’au 16 octobre 2003 de la récitation de trois chapelets, soit 15 dizaines de « Je vous salue, Marie », regroupées en trois mystères : les mystères joyeux, les mystères douloureux, et enfin les mystères glorieux. Par la lettre apostolique « ROSARIUM VIRGINIS MARIAE », le Pape Saint Jean-Paul II  a ajouté un quatrième groupe de mystères : les mystères lumineux. Nous abordons les mystères joyeux qu’on récite et médite habituellement le lundi et le samedi.
Les mystères joyeux font appel à cinq textes issus de l’évangile selon saint Luc. Ce sont : l’Annonciation, la Visitation, la Nativité, la présentation de Jésus au Temple, et enfin Jésus et les docteurs de la Loi au Temple. « Joyeux » parce que ces textes sont relatifs à la naissance de Jésus, Fils de Dieu, venu dans notre monde pour révéler tout l’amour que Dieu porte à sa création et à l’humanité en particulier.

L’Annonciation.


L’archange Gabriel vient annoncer à Marie qu’elle donnera naissance à un fils. Le texte qui suit et illustre cette annonce est tiré de l’évangile de Luc, chapitre 1, versets 26 à 38.

26 Le sixième mois, l'ange Gabriel fut envoyé par Dieu dans une ville de Galilée, appelée Nazareth, 27 à une jeune fille, une vierge, accordée en mariage à un homme de la maison de David, appelé Joseph ; et le nom de la jeune fille était Marie.
28 L'ange entra chez elle et dit : “ Je te salue, Comblée-de-grâce, le Seigneur est avec toi. ” 29 A cette parole, elle fut toute bouleversée, et elle se demandait ce que pouvait signifier cette salutation, 30 L'ange lui dit alors : “ Sois sans crainte, Marie, car tu as trouvé grâce auprès de Dieu. 31 Voici que tu vas concevoir et enfanter un fils ; tu lui donneras le nom de Jésus. 32 Il sera grand, il sera appelé Fils du Très-Haut ; le Seigneur Dieu lui donnera le trône de David son père ; 33 il régnera pour toujours sur la maison de Jacob, et son règne n'aura pas de fin. ”
34 Marie dit à l'ange : “ Comment cela va-t-il se faire, puisque je suis vierge ? ”  35 L'ange lui répondit : “ L'Esprit Saint viendra sur toi, et la puissance du Très-Haut te prendra sous son ombre ; c'est pourquoi celui qui va naître sera saint, et il sera appelé Fils de Dieu. 36 Et voici qu'Élisabeth, ta cousine, a conçu, elle aussi, un fils dans sa vieillesse et elle en est à son sixième mois, alors qu'on l'appelait : 'la femme stérile'.    37 Car rien n'est impossible à Dieu. ” 38 Marie dit alors : “ Voici la servante du  Seigneur ; que tout se passe pour moi selon ta parole. ”
Alors l'ange la quitta.

Proposition de méditation

« Sois sans crainte … Comment cela va-t-il se faire ? … Rien n'est impossible à Dieu … Que tout se passe pour moi selon ta parole. »

Ces quelques mots extraits de l’évangile pourraient guider notre réflexion. Nous n’avons pas été baptisés pour attendre que le temps passe sans rien faire. Dieu attend de chaque baptisé qu’il entre librement à son service.
Dans ma vie, Dieu m’a certainement appelé, certainement sollicité. Qu’ai-je répondu : « Que tout se passe pour moi selon ta parole » ou bien « Attend, Seigneur, aujourd’hui je n’ai pas le temps » ?

La Visitation.


L’archange Gabriel a annoncé à Marie que sa cousine Élisabeth attendait un enfant, malgré son âge avancé. Cet enfant jouera un rôle important, précédant Jésus, d’où son surnom de précurseur. Écoutons le texte de saint Luc (1,39-56), où se situe la rencontre de la mère du Messie et de la mère du Précurseur, suivie de l’action de grâce de Marie.

39 En ces jours-là, Marie se mit en route rapidement vers une ville de la montagne de Judée. 40 Elle entra dans la maison de Zacharie et salua Élisabeth. 41 Or, quand Élisabeth entendit la salutation de Marie, l'enfant tressaillit en elle. Alors, Élisabeth fut remplie de l'Esprit Saint, 42 et s'écria d'une voix forte : “ Tu es bénie entre toutes les femmes, et le fruit de tes entrailles est béni. 43 Comment ai-je ce bonheur que la mère de mon Seigneur vienne jusqu'à moi ? 44 Car, lorsque j'ai entendu tes paroles de salutation, l'enfant a tressailli d'allégresse au-dedans de moi. 45 Heureuse celle qui a cru à l'accomplissement des paroles qui lui furent dites de la part du Seigneur. ”
46 Marie dit alors :
“ Mon âme exalte le Seigneur,
47          mon esprit exulte en Dieu mon Sauveur.
48          Il s'est penché sur son humble servante ;
désormais tous les âges me diront bienheureuse.
49          Le Puissant fit pour moi des merveilles ;
Saint est son nom !
50          Son amour s'étend d'âge en âge
sur ceux qui le craignent.
51          Déployant la force de son bras,
il disperse les superbes.
52          Il renverse les puissants de leurs trônes,
il élève les humbles.
53          Il comble de bien les affamés,
renvoie les riches les mains vides.
54          Il relève Israël son serviteur,
il se souvient de son amour,
55          de la promesse faite à nos pères,
en faveur d'Abraham et de sa race à jamais. ”
56 Marie demeura avec Élisabeth environ trois mois, puis elle s'en retourna chez elle.

Proposition de méditation

En dehors de l’admirable « Magnificat » qui mérite une étude à lui tout seul, nous retiendrons quelques mots extraits de l’évangile, mots que voici :
« Marie se mit en route rapidement … Heureuse celle qui a cru à l'accomplissement des paroles qui lui furent dites de la part du Seigneur. »

La foi soulève des montagnes, dit-on. Ici la foi en la parole de Dieu se révèle sans restriction dans le fait que Marie se mit en route rapidement. Dieu demande, et son disciple ne prend point de retard à accomplir le souhait formulé.
Il nous arrive d’être saisi par une lecture de la Bible. Au-delà de ce saisissement immédiat, notre réponse est bien souvent tardive, voire inexistante. 

La Nativité.

Le thème de la naissance de Jésus constitue le troisième mystère joyeux. Le récit se trouve dans l’évangile de Luc (2, 1-20) et relate la naissance de Jésus et la visite des bergers à la grotte.
1 En ces jours-là, parut un édit de l'empereur Auguste, ordonnant de recenser toute la terre - 2 ce premier recensement eut lieu lorsque Quirinius était gouverneur de Syrie. - 3 Et chacun allait se faire inscrire dans sa ville d'origine.
4 Joseph, lui aussi, quitta la ville de Nazareth en Galilée, pour monter en Judée, à la ville de David appelée Bethléem, car il était de la maison et de la descendance de David. 5 Il venait se faire inscrire avec Marie, son épouse, qui était enceinte. 6 Or, pendant qu'ils étaient là, arrivèrent les jours où elle devait enfanter.   7 Et elle mit au monde son fils premier-né ; elle l'emmaillota et le coucha dans une mangeoire, car il n'y avait pas de place pour eux dans la salle commune.
8 Dans les environs se trouvaient des bergers qui passaient la nuit dans les champs pour garder leurs troupeaux. 9 L'ange du Seigneur s'approcha, et la gloire du Seigneur les enveloppa de sa lumière. Ils furent saisis d'une grande crainte,        10 mais l'ange leur dit : “ Ne craignez pas, car voici que je viens vous annoncer une bonne nouvelle, une grande joie pour tout le peuple : 11 Aujourd'hui vous est né un Sauveur, dans la ville de David. Il est le Messie, le Seigneur. 12 Et voilà le signe qui vous est donné : vous trouverez un nouveau-né emmailloté et couché dans une mangeoire. ” 13 Et soudain, il y eut avec l'ange une troupe céleste innombrable, qui louait Dieu en disant :
14                     Gloire à Dieu au plus haut des cieux, et paix sur la terre aux hommes qu'il aime.”
15 Lorsque les anges eurent quitté les bergers pour le ciel, ceux-ci se disaient entre eux : “ Allons jusqu'à Bethléem pour voir ce qui est arrivé, et que le Seigneur nous a fait connaître. ” 16 Ils se hâtèrent d'y aller, et ils découvrirent Marie et Joseph, avec le nouveau-né couché dans la mangeoire. 17 Après l'avoir vu, ils racontèrent ce qui leur avait été annoncé au sujet de cet enfant. 18 Et tout le monde s'étonnait de ce que racontaient les bergers.
19 Marie, cependant, retenait tous ces événements et les méditait dans son coeur.
20 Les bergers repartirent ; ils glorifiaient et louaient Dieu pour tout ce qu'ils avaient entendu et vu selon ce qui leur avait été annoncé.

Proposition de méditation

L’empereur de Rome, tout-puissant, ordonne. En fait n’est-il pas l’instrument inconscient de la volonté divine ? Quel contraste entre cet homme omnipotent et richissime,  et l’enfant qui vient de naître si pauvre ! L’empereur n’a eu qu’un règne limité dans le temps, et le nouveau-né si humble aura une influence décisive sur la pensée de millions d’hommes et son règne dure toujours.
Nous hésitons quelquefois à faire un geste, ou entreprendre une action qui nous paraissent sans grande portée : que dire alors de notre foi en Dieu ?

La présentation de Jésus au Temple



Nous continuons avec saint Luc à vivre les premiers instants de la vie de Jésus. C’est au chapitre 2, versets 21 à 38 que l’épisode de la présentation de Jésus est évoquée. Il y a deux moments importants: la prophétie du vieillard Syméon et l’intervention de la prophétesse Anne.

21 Quand fut arrivé le huitième jour, celui de la circoncision, l'enfant reçut le nom de Jésus, le nom que l'ange lui avait donné avant sa conception.
22 Quand arriva le jour fixé par la loi de Moïse pour la purification, les parents de Jésus le portèrent à Jérusalem pour le présenter au Seigneur, 23 selon ce qui est écrit dans la Loi : Tout premier-né de sexe masculin sera consacré au Seigneur. 24 Ils venaient aussi présenter en offrande le sacrifice prescrit par la loi du Seigneur : un couple de tourterelles ou deux petites colombes.
25 Or, il y avait à Jérusalem un homme appelé Syméon. C'était un homme juste et religieux, qui attendait la Consolation d'Israël, et l'Esprit Saint était sur lui.             26 L'Esprit lui avait révélé qu'il ne verrait pas la mort avant d'avoir vu le Messie du Seigneur. 27 Poussé par l'Esprit, Syméon vint au Temple. Les parents y entraient avec l'enfant Jésus pour accomplir les rites de la Loi qui le concernaient. 28 Syméon prit l'enfant dans ses bras, et il bénit Dieu en disant :
29     “ Maintenant, ô Maître souverain,
tu peux laisser ton serviteur
s'en aller en paix, selon ta parole.
30     Car mes yeux ont vu le salut,
31     que tu préparais à la face des peuples :
32     lumière qui se révèle aux nations,
et donne gloire à ton peuple Israël”

33 Le père et la mère de l'enfant s'étonnaient de ce qu'on disait de lui.
34 Syméon les bénit, puis il dit à Marie sa mère : “ Vois, ton fils qui est là provoquera la chute et le relèvement de beaucoup en Israël. Il sera un signe de division. 35 - Et toi-même, ton coeur sera transpercé par une épée. - Ainsi seront dévoilées les pensées secrètes d'un grand nombre. ”
36 Il y avait là une femme qui était prophète, Anne, fille de Phanuel, de la tribu d'Aser. 37 Demeurée veuve après sept ans de mariage, elle avait atteint l'âge de quatre-vingt-quatre ans. Elle ne s'éloignait pas du Temple, servant Dieu jour et nuit dans le jeûne et la prière, 38 S'approchant d'eux à ce moment, elle proclamait les louanges de Dieu et parlait de l'enfant à tous ceux qui attendaient la délivrance de Jérusalem.

Proposition de méditation

Deux prophéties. Celle de Syméon anticipe le rôle de l’enfant et son influence future sur les hommes de son temps et ceux des siècles à venir, placés devant le choix de croire en lui et de le reconnaître comme le Fils de Dieu venant révéler tout du Père, ou refuser son enseignement et sa divinité. Celle de la prophétesse, qui tout en reconnaissant l’action de Dieu, annonce une délivrance que les contemporains de Jésus auront bien du mal à discerner.
Et nous ? Que disons-nous à propos de Jésus ? Est-il pour nous un moraliste comme tant d’autres ou est-il Fils de Dieu ? Acceptons-nous sans réserve son enseignement ou ne retenons-nous que ce qui nous intéresse comme certains chrétiens le font ?

Jésus et les docteurs de la Loi


Lorsque Jésus eut douze ans, il accompagna ses parents à Jérusalem pour les fêtes de la Pâque. Sur la route du retour ses parents ne le virent point, croyant que Jésus se trouvait auprès de ceux qui avaient fait le pèlerinage avec ses parents. Il n’en était rien et Joseph et Marie durent retourner à Jérusalem. Or Jésus était au Temple chez son Père. Voici les faits tels que saint Luc les a rapportés (Lc 2,41-52) :

41 Chaque année, les parents de Jésus allaient à Jérusalem pour la fête de la Pâque. 42 Quand il eut douze ans, ils firent le pèlerinage suivant la coutume. 43 Comme ils s'en retournaient à la fin de la semaine, le jeune Jésus resta à Jérusalem sans que ses parents s'en aperçoivent. 44 Pensant qu'il était avec leurs compagnons de route, ils firent une journée de chemin avant de le chercher parmi leurs parents et connaissances. 45 Ne le trouvant pas, ils revinrent à Jérusalem en continuant à le chercher.
46 C'est au bout de trois jours qu'ils le trouvèrent dans le Temple, assis au milieu des docteurs de la Loi : il les écoutait et leur posait des questions, 47 et tous ceux qui l'entendaient s'extasiaient sur son intelligence et sur ses réponses. 48 En le voyant, ses parents furent stupéfaits, et sa mère lui dit : “Mon enfant, pourquoi nous as-tu fait cela ? Vois comme nous avons souffert en te cherchant, ton père et moi ! ” 49 Il leur dit : “ Comment se fait-il que vous m'ayez cherché ? Ne le saviez-vous pas ? C'est chez mon Père que je dois être. ” 50 Mais ils ne comprirent pas ce qu'il leur disait.
51 Il descendit avec eux pour rentrer à Nazareth, et il leur était soumis. Sa mère gardait dans son coeur tous ces événements. 52 Quant à Jésus, il grandissait en sagesse, en taille et en grâce, sous le regard de Dieu et des hommes.

Proposition de méditation

Ce qui est frappant dans ce passage, c’est la soumission du Christ à ses parents. Contraste étonnant entre l’enfant qui fait l’admiration des docteurs de la Loi malgré son jeune âge, et sa soumission à ses parents.
Belle leçon d’humilité que nous pourrions méditer lorsque nous critiquons notre pape et l’Église.
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Voilà. Théophile va prendre quelques vacances pour se reposer, car sa santé n'est pas florissante. Les fortes chaleurs du début du mois l'ont fortement éprouvé. Les soins de son épouse et la lente dégradation de son esprit mettent à forte contribution les nerfs de Théophile. Sainte Élisabeth de la Trinité a intercédé pour lui et une lourde opération ne sera pas nécessaire; grâce soit rendue à elle.

Au revoir. Bonnes vacances à tous ceux qui pourront en avoir. À septembre prochain!


Dimanche 18 juin 2017

mercredi 31 mai 2017

Prier avec. les psaumes

Les entretiens du dimanche
33

2- La prière

Prier avec les psaumes


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En l'absence de Candide, Théophile travaillait sur le thème de la prière que lui avait suggéré le Père Stanislas. Aujourd'hui, il préparait l'exposé sur les psaumes. Comment prier avec les psaumes? Il était perplexe: en effet, bien que faisant partie de la prière diaconale de chaque jour, rares étaient les psaumes qui l'avaient touchés. Deux seulement; le psaume 116, car c'est le plus court de tous, et le psaume 130 (131) qui provoquait toujours en lui une grande émotion. Théophile se souvenait avec précision du jour où ce psaume l'avait bouleversé.
C'était en juillet 19**. Il avait été invité avec son épouse par son ancien évêque à une retraite à Ars, où il retrouvait les diacres et les postulants au diaconat du diocèse où il avait entrepris son cheminement pour être ordonné diacre. Il y avait six mois qu'il avait quitté O*** pour venir se retirer en Bourgogne suite à sa retraite professionnelle, avec l'espoir d'être ordonné diacre. Son diocèse d'accueil ne se pressait pas pour l'intégrer au groupe des cheminants. À vrai dire, on semblait même l'avoir oublié. Ces moments étaient difficiles à vivre, et Théophile garderait toujours en lui une certaine amertume, des regrets et des doutes. Mais le Christ ne l'oubliait pas et il allait lui donner une grâce toute particulière par le biais du psaume 130:
01 Seigneur, je n'ai pas le coeur fier ni le regard ambitieux ; je ne poursuis ni grands desseins, ni merveilles qui me dépassent.
02 Non, mais je tiens mon âme égale et silencieuse ; mon âme est en moi comme un enfant, comme un petit enfant contre sa mère.
03 Attends le Seigneur, Israël, maintenant et à jamais.

Ce psaume apaisant allait toujours être présent à l'esprit de Théophile, et rien que de l'évoquer lui apportait la paix de l'âme. En effet, ce merveilleux psaume inspire un sentiment d'abandon: comme le bébé confiant en l'amour de sa mère, sûr de la protection maternelle, ce psaume invite à s'abandonner entièrement à Dieu. Dieu ne peut pas m'abandonner, Dieu veille sur moi. Que mon âme soit en paix, sans trouble, sans angoisse, sans peur. S'anéantir en Dieu, comme Jésus s'est abandonné au Père et s'est abaissé pour être serviteur (Cf. : Ph 2, 3-8):
Le Christ Jésus, lui qui était dans la condition de Dieu, n'a pas jugé bon de revendiquer son droit d'être traité à l'égal de Dieu; mais au contraire, il se dépouilla lui-même en prenant la condition de serviteur … Il s'est abaissé lui-même en devenant obéissant jusqu'à mourir, et à mourir sur une croix.
Au temps de Jésus, l'enfant n'est rien. Jésus a changé cela en disant: « Si vous ne retournez à l'état des enfants, vous n'entrerez pas dans le Royaume des Cieux. » (Mt 18,3) Il y a là une invitation à reconnaître que Dieu agit envers nous à la façon d'un père qui a la tendresse d'une mère.
     Thérèse de l'Enfant Jésus en a fait l'expérience, elle qui est connue pour avoir emprunté la Petite Voie : « Rester petit, c'est reconnaître son néant, attendre tout du Bon Dieu, ne pas trop s'affliger de ses fautes, ne point gagner de fortune, ne s'inquiéter de rien,... vouloir ne pas se suffire à soi-même,... se sentir incapable de gagner sa vie, la Vie éternelle... »

Théophile avait décidé de suivre le chemin que Jésus lui indiquait, le suivre contre vents et marées, le suivre sans s'affliger des rebuffades, des oublis, des rejets, des silences méprisants.

Théophile mit un terme à ses souvenirs. Il prit une feuille de papier mais n'écrivit rien, car il lui était impossible d'échapper au charme paisible de ce psaume. Il s'imagina même que ce psaume avait été composé par une femme abritant son enfant dans ses bras. Il ne put s'empêcher de comparer l'amour de cette femme pour son enfant à l'amour de Dieu pour l'humanité. Ah! Quel bonheur de s’abandonner au Seigneur avec la simplicité d’un enfant, sans inquiétude ni ambition.
Et Théophile replongea dans sa rêverie. La feuille de papier devant lui restait vierge de tout mot. Ce petit psaume lui en rappela un autre, encore plus court puisqu'il n'a que deux versets (Ps 116): 
01 Louez le Seigneur, tous les peuples ; fêtez-le, tous les pays !
02 Son amour envers nous s'est montré le plus fort ; éternelle est la fidélité du Seigneur !
Il sembla à Théophile que les deux psaumes étaient comme des jumeaux: semblables mais cependant différents. Louer Dieu, imaginer des célébrations joyeuses pour le fêter, affirmer que Dieu nous aime et nous soutient, même dans les pires difficultés! Un petit conte revint alors en mémoire à Théophile: sur une plage de sable fin, il y avait deux traces de pas, celle de Dieu et celle de l'homme qui marchaient ensemble … Et puis, soudain, il n'y eut plus qu'une trace. Alors, l'homme interpela Dieu: "Pourquoi m'as-tu abandonné?" Et Dieu lui dit: "Ce n'est pas la trace de tes pas que tu vois, mais la mienne, car je te portes sur mes épaules". … Théophile pensa: "Combien de fois, Seigneur, ai-je eu la même réaction que cet homme, que tu m'avais abandonné!"

L'esprit de Théophile continua à vagabonder dans une douce rêverie. Soudain, il sursauta; un bruit venait de le tirer de ses rêves. C'était en fait le Père Stanislas qui le saluait: 
-"Et bien! Théophile, on rêve?"
-"Non pas, mon Père. J'étais avec Dieu qui me parlait par psaumes interposés."
-"Ah bon … heureux homme! … ces brouillons, ce sont vos notes sur les psaumes? … et la feuille de papier appelée à recueillir le fruit de votre méditation est toujours blanche … Voyons voir ces brouillons."
-"Ce ne sont pas des brouillons personnels, mais des extraits glanés par çi par là."

Le Père Stanislas s'empara des notes. Il les parcourut tranquillement, et voilà ce qu'il lut:
Jésus ne nous a pas seulement dit de prier comme il nous l'a appris, mais aussi de prier en son nom (Jn 14,13-14). Jésus intervient constamment en notre faveur devant Dieu, et par l'Esprit Saint nous pouvons entrer dans la relation qui unit le Fils à son Père. Notre prière a donc un fondement trinitaire : nous adressons notre prière au Père parce que nous sommes ses enfants, à Jésus-Christ parce que nous sommes ses disciples, à l'Esprit Saint parce que nous sommes les héritiers de Jésus-Christ. La prière, c'est le courant trinitaire qui passe en nous, par la grâce qui est don gratuit.

Les auteurs du Nouveau Testament citent les psaumes (en hébreu: « livre des louanges ») pour montrer comment Jésus a assumé, renouvelé, accompli ce qu'ils annonçaient. Le Christ est tout à la fois, pour un chrétien, le Dieu qui est prié dans les psaumes, et l'homme qui prie Dieu à l'aide des psaumes. La pratique des psaumes est la première école de la prière chrétienne.

Si certains passages des psaumes peuvent apparaître contraires à l'Évangile et inacceptables pour un disciple du Christ [par exemple Ps 57(58) et Ps 147 (7-9)], n'oublions pas que le coeur de la prière biblique est l'expression d'une lutte permanente pour la justice de Dieu contre l'injustice du monde. Toute la vie de Jésus fut une lutte contre le Prince de ce monde: le choix baptismal est la lutte des fils de lumière.

La pratique des psaumes est la première école de la prière chrétienne. Les psaumes ouvrent alors deux directions de prière:
-La première consiste à s'adresser au Christ, le Dieu et le Seigneur des psaumes.
-La seconde consiste à considérer que le psalmiste est le Christ lui-même. La pratique des psaumes est vraiment la première école de la prière chrétienne.
Il y a des psaumes pour toutes les occasion de la vie: la joie, la souffrance, la maladie, l'action de grâce, l'espérance, les pauvres, et plus encore.

Pour recevoir de l'Esprit la vie comme un don, pour retourner au Père notre existence croyante, pour être en vérité au nombre de ceux qui sont assemblés au nom de Jésus, l'Église s'est donné sa propre prière, affinée et adaptée au cours du temps; c'est "la liturgie des heures". Prière d'une très grande richesse, c'est une prière de la foi, aux dimensions universelles. Elle est tout à la fois écoute de la Parole de Dieu, louange et action de grâce, union à Jésus, le Fils, pour apprendre comment prier le Père dans l'Esprit. Cette prière de l'Église fait prier en nous le Christ en faisant de nous, chrétiens, un corps.

-"Pas mal … Intéressant … Continuez, mon ami."

Théophile se mit alors en devoir d'écrire son texte. Ne le dérangeons pas. Il reviendra bientôt pour nous parler du "Notre Père".




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Chers lecteurs, si vous avez des remarques, des observations ou des questions, écrivez-moi à l'adresse jacques.choquet2@orange.fr
À suivre … si vous le voulez bien.

dimanche 28 mai 2017

Que peut-on dire de la prière ?

Les entretiens du dimanche
32

La prière

1- Que peut-on dire sur la prière ?


Théophile avait de temps en temps des nouvelles de Candide. Elle disait que son stage se déroulait sans problème, et que les entretiens du dimanche lui manquaient beaucoup.
Pour l'heure, Théophile planchait sur un thème que lui avait suggéré le Père Stanislas, thème qui portait sur la prière. En effet, au cours d'entretiens ou de confessions avec certains de ses paroissiens, le Père Stanislas avait constaté que la prière n'était pas une activité facile pour eux. Le Père Stanislas avait précisé sa pensée près de Théophile. Il lui avait dit : « Ce n'est pas un exposé théologique que je vous demande, mais plus simplement, dire ce que signifie pour vous la prière. Car je sais, mon cher Théophile, que vous n'êtes pas un théologien mais un homme autodidacte, dont la formation religieuse repose essentiellement sur l'expérience. Je pense que votre travail pourrait faire l'objet de quelques exposés auprès de nos paroissiens ».

Voici ce que Théophile a composé sur ce thème.

Introduction
Il arrive que l’on rencontre des personnes qui ont de grandes difficultés avec la prière. La prière est aussi un temps difficile pour moi. D’abord, par l’absence physique de celui ou de celle que l’on prie. Ensuite, l’esprit vagabonde souvent et se perd dans des méandres qui l’éloignent de son objet. Enfin, parce que je suis incapable de rester sans bouger au bout de quelques courtes minutes. Je n’irai pas jusqu’à dire, comme je l’ai entendu une fois, que je ne vois pas l’intérêt « de parler au plafond » !
Autre défaut : la prière est très souvent une prière de demande, et rarement une prière d’Action de grâce. Pardonnez-moi si j’ose encore parler de prière, mais je ne vois pas comment qualifier autrement cet exercice difficile qu’est la prière. Plus grave encore : la fréquence de la prière s’accroît dans les périodes de difficulté : elle diminue quand tout va bien, ou au sortir d’un moment difficile.
Voilà un tableau bien pessimiste, sombre comme une nuit sans lune, sans espérance, sans joie, sans foi en Dieu. C’est pourquoi nous allons essayer de comprendre ce que veut dire prier, car, pour un croyant, prier est une nécessité, une joie de rencontrer son Dieu.4

Une première approche
Quand nous sommes en période de Carême, il me semble que le texte le plus approprié pour comprendre ce que représente le Carême est tiré de l’évangile de Matthieu, au chapitre 6, versets 1 à 18 (Texte parallèle en Lc 11,2-4). Il exprime comment faire l'aumône, prier et jeûner de manière à plaire à Dieu. Voici ce que le Christ disait à ses disciples concernant la prière :
01 « Ce que vous faites pour devenir des justes, évitez de l’accomplir devant les hommes pour vous faire remarquer. Sinon, il n’y a pas de récompense pour vous auprès de votre Père qui est aux cieux.
05 Et quand vous priez, ne soyez pas comme les hypocrites : ils aiment à se tenir debout dans les synagogues et aux carrefours pour bien se montrer aux hommes quand ils prient. Amen, je vous le déclare : ceux-là ont reçu leur récompense.
06 Mais toi, quand tu pries, retire-toi dans ta pièce la plus retirée, ferme la porte, et prie ton Père qui est présent dans le secret ; ton Père qui voit dans le secret te le rendra.
07 Lorsque vous priez, ne rabâchez pas comme les païens : ils s’imaginent qu’à force de paroles ils seront exaucés.
08 Ne les imitez donc pas, car votre Père sait de quoi vous avez besoin, avant même que vous l’ayez demandé.
09 Vous donc, priez ainsi :
Notre Père, qui es aux cieux, que ton nom soit sanctifié,
10 que ton règne vienne, que ta volonté soit faite sur la terre comme au ciel.
11 Donne-nous aujourd’hui notre pain de ce jour.
12 Remets-nous nos dettes, comme nous-mêmes nous remettons leurs dettes à nos débiteurs.
13 Et ne nous laisse pas entrer en tentation, mais délivre-nous du Mal.

Que dit ce texte, en substance ? Trois points émergent:

1- À propos des hypocrites, il faut comprendre ce que Jésus entend par là.Cette épithète vise tous les faux dévots de piété affectée et tapageuse. Ainsi Jésus recommande d’être discret quand on prie, surtout en public ou dans un lieu de culte. Quand j’étais étudiant à Paris, il m’arrivait de prier dans le métro ou le bus. Et pendant mon service militaire, durant les moments de répit, je priais aussi de façon très discrète.
2- Quand vous priez, ne vous donnez pas en spectacle, retirez-vous en un lieu isolé et silencieux. Par son exemple, (Mt 14, 23), comme par ses instructions, Jésus a enseigné à ses disciples le devoir et la façon de prier. Les évangélistes, surtout Luc, notent souvent que Jésus prie dans la solitude ou la nuit, au moment des repas, et lors d’événements importants : au Baptême, avant le choix des Douze, l’enseignement du Pater, et la confession de Césarée, à la Transfiguration, à Gethsémani, sur la croix. Il prie pour ses bourreaux, pour Pierre, pour ses disciples et ceux qui les suivront. Il prie aussi pour lui-même. Ces prières démontrent qu’il existe une relation permanente entre le Fils et le Père, qui ne le laisse jamais seul, et l’exauce toujours. Par ces exemples comme par son enseignement, Jésus a inculqué à ses disciples la nécessité et la façon de prier. À présent, près du Père, il continue d’intercéder pour les siens, comme il l’a promis, (Jn 14, 16-18 : « Je prierai le Père et il vous donnera un autre Paraclet, pour qu'il soit avec vous à jamais, l'Esprit de Vérité … Vous, vous le connaissez, parce qu'il demeure auprès de vous; et en vous il sera. Je ne vous laisserai pas orphelins »).
Jésus recommande à ses disciples que la prière doit être humble devant Dieu et devant les hommes, du cœur plus que des lèvres, confiante en la bonté du Père, et insistante jusqu’à l’importunité. Elle est exaucée si elle est faite avec foi, au nom de Jésus, et demande de bonnes choses, telles que l’Esprit Saint, le pardon, le bien des persécuteurs, surtout l’avènement du Règne de Dieu et la préservation lors de l’épreuve eschatologique. C’est toute la substance de la Prière modèle enseignée par Jésus lui-même.
3- Quand vous priez, ne rabâchez pas comme les païens : ils s'imaginent qu'à force de paroles ils seront exaucés, ce qui est inutile, car le Père sait de quoi vous avez besoin avant même que vous l'ayez demandé.
Je tiens à disposition toutes les références aux textes bibliques qui figurent dans toute bonne bible et que j’ai consultées.
En substance, il en ressort : isolementsilenceconfiance. Voilà les maîtres mots qui, d’après ce passage d’évangile, caractérisent les conditions optimales pour prier et entrer en relation avec Dieu.
Isolement et silence: certes, mais ce n'est pas toujours facile. En effet, il peut y avoir urgence à prier, par exemple en cas de danger. Chez soi, si cela est possible, il est souhaitable de créer un coin-prière, dans un espace silencieux.
Confiance: évident, sinon à quoi bon prier si on n'a pas confiance envers celui ou celle qu'on prie.
Rabâcher? Mais alors, le chapelet n'est-il pas visé par cet écueil? Non, bien sûr. Rabâcher signifie "répéter sans cesse de façon fastidieuse". Ce qui est fastidieux est barbant, inutile, stérile. Ça peut être le cas du chapelet lorsqu'il est prié à toute vitesse, comme pour s'en débarrasser: j'ai constaté que c'est parfois se qui se passe quand le chapelet est prié en groupe; on dirait que le groupe a un train à prendre d'urgence! Nous reparlerons plus tard du chapelet.

Quelques objections sur l’utilité de la prière
Communément, on dit que prier c'est s'adresser à Dieu. En réalité, la prière est un mouvement de l'âme qui tend à une communication spirituelle avec Dieu, par l'élévation vers lui des sentiments. La prière serait-elle donc une sorte d’entrée en dialogue avec Dieu ?
Aussitôt, cette définition soulève des objections. On avance que c'est fuir ses responsabilités en transférant à Dieu ce que nous ne voulons pas faire. Combien de fois constatons-nous à la messe dominicale que la prière universelle demande à Dieu d’intervenir et de faire ceci ou de faire cela ; c’est bien une forme de fuite, car on se défauss ede nos obligations ou de nos devoirs de chrétien. On dit aussi que c’est se consoler à bon compte parce que c'est un mode enfantin de comportement pour l'homme qui n'est pas assez fort ou adulte pour affronter la réalité et qui trouve dans la prière un refuge artificiel. Pire encore : c'est aussi une manière d'essayer de mettre Dieu au service de nos intérêts et de nos besoins ; au lieu de servir Dieu, nous lui demandons de se mettre à notre service. Enfin, pour beaucoup, c'est une pratique d'un autre temps; pour l'homme du vingt et unième siècle qui se veut libre et libéré, c'est dépassé.
Arrêtons là le registre des objections. Ces déviations existent indéniablement. Prier ne serait donc pas une activité humaine sérieuse ? Certes non, car prier ainsi qu'on vient de l'évoquer n’est pas la vraie prière, ne peut pas être celle de Jésus, ni celle des saints. Bref ! Le chrétien sent bien qu'on ne peut pas évacuer la question aussi facilement, et il s'interroge doublement: qu’est-ce que prier? Pourquoi prier?
Isolementsilenceconfiance. Savons-nous encore prier ? Serait-ce une science perdue ? Peut-être ? Il n'existe plus guère de maître, ni d'école de prière. Y a-t-il une église, où le dimanche on apprenne à prier, où on se sente soulevé dans un élan de prière vers Dieu? C'est rare, pour ne pas dire jamais le cas, et c’est bien dommage, au même titre qu’extrêmement peu de prêtres donnent une éducation solide sur la messe. 

Alors, que faut-il penser de la prière ?
Etre une âme de prière c'est avoir une relation d'intimité avec chacune des trois personnes de la Trinité. Ce n'est pas une prière intellectuelle; c'est une prière qui nous rend amoureux de Dieu. C'est une grâce d'abandon de nous-mêmes, d'intelligence de la Parole de Dieu. Un jour, quelque part, Jésus était en prière. Quand il eut terminé, un de ses disciples lui demanda : “Seigneur, apprends-nous à prier, comme Jean Baptiste l'a appris à ses disciples.”(Lc 11,1) La réponse de Jésus fut le "Notre Père". Chacune des trois personnes renvoie à l'autre: le "Notre Père" est tourné vers le Père et l'Esprit.
Dans ce passage de saint Luc, Jésus donne un exemple instructif pour ses disciples qui insistent pour savoir prier comme lui:
5 … “ Supposons que l'un de vous ait un ami et aille le trouver en pleine nuit pour lui demander :'Mon ami, prête-moi trois pains : 6 un de mes amis arrive de voyage, et je n'ai rien à lui offrir.' 7 Et si, de l'intérieur, l'autre lui répond : 'Ne viens pas me tourmenter ! Maintenant, la porte est fermée ; mes enfants et moi, nous sommes couchés. Je ne puis pas me lever pour te donner du pain',  8 moi, je vous l'affirme : même s'il ne se lève pas pour les donner par amitié, il se lèvera à cause du sans-gêne de cet ami, et il lui donnera tout ce qu'il lui faut. 9 Eh bien, moi, je vous dis : Demandez, vous obtiendrez ; cherchez, vous trouverez ; frappez, la porte vous sera ouverte. 10 Celui qui demande reçoit ; celui qui cherche trouve ; et pour celui qui frappe, la porte s'ouvre. 11 Quel père parmi vous donnerait un serpent à son fils qui lui demande un poisson ? 12 ou un scorpion, quand il demande un oeuf ? 13 Si donc vous, qui êtes mauvais, vous savez donner de bonnes choses à vos enfants, combien plus le Père céleste donnera-t-il l'Esprit Saint à ceux qui le lui demandent ! ” (Lc 11,5-13)
La demande de cet homme à son ami repose sur un besoin important et justifié: offrir du pain à un voyageur qui arrive à l'improviste. La demande est insistante, mais en aucun cas elle n'est du "rabâchage". Elle exprime une nécessité impérieuse. Mais ce qui est important à mes yeux c'est ce que dit cet homme : "prête-moi trois pains". Prêter implique rendre. Notre prière se doit donc d'exprimer une nécessité justifiée, et de rendre grâce au Seigneur ensuite; ces quatre mots expriment une confiance inébranlable envers le Seigneur, envers le Père, le Fils et l'Esprit.

Y a-t-il plusieurs manières de prier ?
Il y a différentes étapes de la vie de prière:
-Une étape méditative.
-Une étape contemplative.
-Une étape en union avec Dieu.
Ce ne sont pas des étapes chronologiques; tout dépend de notre chemin.

-Une étape méditative.
C'est l'accueil du par l'intelligence de la foi et l'écoute de la Parole. On peut demeurer dans cette Parole, l'Esprit nous donnera la lumière pour la comprendre. C'est une étape importante dans la vie spirituelle, c'est l'étape de la révélation. Jésus est mon maître qui m'enseigne les chemins de Dieu, doucement, patiemment, à l'aide de la Parole qui est sienne. À cette étape se relie tout ce qui est lecture spirituelle: quelque chose m'est donné à travers ces mots.

-Une étape contemplative.
Écoutons Ignace de Loyola: "Ce n'est pas l'abondance du savoir qui rassasie l'âme mais c'est de goûter les choses". "Goûtez et voyez comme est bon le Seigneur" (Ps 34,9). Il y a là une dimension affective que mettent bien en évidence les disciples d'Emmaüs : «Notre cœur n'était-il pas tout brûlant au-dedans de nous, quand il nous parlait en chemin, quand il nous expliquait les Écritures?» (Lc 24,32),. Cela suppose renoncement et simplification. Faisons taire notre intelligence, écoutons notre coeur. Dieu se communique sans paroles, sans idées, mais par le recueillement, le silence. Dieu donne cette prière.

-Une étape en union avec Dieu.
Cette étape appartient à Dieu. Elle se fait sous son action. Elle est donnée gratuitement. C'est une grâce que Dieu donne dans son immense amour et sa miséricorde : on reçoit recueillement, paix, silence, quiétude. Il est bon d'être saisi par Dieu et non de le saisir.

L'accès à ces étapes ne peut se faire que par une épreuve: celle de l'aridité de la prière, de la crise de la nuit, du désert. Si on en souffre, il faut discerner deux causes:
-C'est le signe que l'homme intérieur en moi s'est endormi. On est pris par le monde. L'espace spirituel est envahi: nous sommes asphyxiés, étouffés. La prière devient difficile dans ces cas-là. Il faut réveiller l'homme intérieur, il faut que ce soit durable.
-C'est une crise de croissance. Même dans la difficulté, mon désir de Dieu demeure. Je reste avide, nostalgique, assoiffé de Dieu. Le Seigneur me dit "avance en eau profonde" (Lc 5,4). Il faut aller plus loin en se dépouillant soi-même, en se purifiant.

L'eucharistie est un chemin de prière qui regroupe les trois étapes: accueil de la Parole d'abord (méditation), étape de l'offrande  (l'offertoire) de l'action de grâce, de la louange. Prière eucharistique --> étape d’union: prière du "Notre Père", communion entre nous, puis communion avec Notre Seigneur, geste de paix "Si tu as quelque chose contre ton frère, va d'abord te réconcilier avec lui". La messe est une école de prière. Elle saisit toutes nos capacités humaines et spirituelles.

Comment vivre chaque étape ?
La progression dans chaque étape peut se résumer ainsi: aller, demeurer, quitter.
Aller: On n’entre pas dans la prière sur un coup de tête : « Tiens ! Si je priais … » C’est être désinvolte envers Dieu. Peut-on un instant espérer que Dieu va nous écouter ?
Certes, il y a des circonstances où prier devient en un instant une nécessité absolue. Par exemple, en cas de danger, ou encore quand on a une décision importante à prendre sur l’instant. Dieu sait alors l’importance que revêt pour nous cette prière ; Il sera immédiatement à notre écoute.
Se mettre en prière, corps et âme. Consciemment: signe de croix --> trinitaire; génuflexion --> abaissement; humilité (de humus = terre). Vivre un moment de louange à chacune des trois personnes. Se fixer un temps: ne pas se laisser conduire par sa fantaisie, c'est un temps qui est donné en fonction de moi-même. avoir conscience de la présence de Dieu.

Demeurer: demeurer en fonction de la grâce qui m'est donnée par le Seigneur qui m'appelle, par exemple à partir d'un texte. Où mon coeur a-t-il vibré? C'est le don de Dieu. Demeurer dans le silence, la paix, le repos. Laisser couler en moi la présence de Dieu. Demeurer implique une durée: notre être met du temps à s'apaiser. Le corps doit être associé à la prière. Un progrès, c'est prier les yeux fermés.
La prière efficace est celle que Jésus a enseigné à ses disciples, le « Notre Père ». Mais à une condition : ne pas la bâcler mais la prier de tout notre cœur, de toute notre ferveur. Combien de fois avons-nous entendu cette prière récitée d’un air distrait, comme quelque chose de très banale, et même à une vitesse exagérée !
              La prière ne se perd pas : elle obtient toujours une réponse, mais ne soyons pas impatients.

Quitter: ne pas quitter la prière en vitesse, dire des mots d'amour. Confier ce qui va suivre: nous sommes appelés à vivre en état de prière. Le but est la prière continuelle, être une âme de prière. On est un contemplatif dans l'action: prier dans l'autobus, dans les activités diverses. Mon coeur profond est branché sur Dieu.

La prière est un chemin merveilleux, un chemin de guérison. C'est une grâce qui nous est offerte par notre silence: il y faut entrer, dans le silence.

Il y a des obstacles à la prière:
-Ce qui nous pèse.
-L'intellectualisme: il faut laisser renaître mon coeur. Les cérébraux ont de la peine à laisser vivre leur coeur.
-Blocage au niveau de la parole: on est enfermé en soi.
-Blocage du corps qui peut faire obstacle à la quiétude.
Il faut accepter d'être accompagné pour vivre une prière profonde. Vivre et accepter l'accompagnement spirituel. Le frère qui se laisse aider par son frère est une place forte. L'accompagnement doit être amical, fraternel; ne pas se laisser bloquer dans une sorte d'orgueil. L'accompagnement est une rencontre fraternelle, priante. Être à l'écoute de ce que le Seigneur me dit. Qu'est-ce que Dieu me dit? Qu'est-ce qui me frappe? Qu'est-ce qui me rend heureux? Qu'est-ce qui me peine? C'est une aide au discernement, qui ne se fait pas sans accompagnement. Trouver la parole qui libère. L'accompagnement est une grâce; il y a tant d'êtres isolés, en panne. C'est une grâce: on devrait accepter d'accompagner des personnes. C'est un ministère.

Dieu écoute notre prière
Notre blog 34 du 11 décembre 2008 attirait l’attention sur le pardon. Nous disions que, nous chrétiens, savons et affirmons que Dieu est Dieu de pardon (Ex 20,6), un “Dieu de tendresse et de pitié, lent à la colère, riche en grâce et en fidélité.” Loin de vouloir la mort du pécheur, il veut sa conversion (Ez 18,23) ; « ses voies ne sont pas nos voies », et « ses pensées dépassent nos pensées » (Is 55,8).
Les penseurs de l’Ancien Testament ont plusieurs fois affirmé cette certitude. Ainsi dans le psaume 85, le psalmiste écrit : « Toi qui es bon et qui pardonnes, plein d'amour pour tous ceux qui t'appellent, écoute ma prière, Seigneur, entends ma voix qui te supplie. Je t'appelle au jour de ma détresse, et toi, Seigneur, tu me réponds. »
De même le psaume 130 exprime une confiance totale en la miséricorde de Dieu. «Des profondeurs je crie vers toi, Seigneur, Seigneur, écoute mon appel! Que ton oreille se fasse attentive au cri de ma prière! Si tu retiens les fautes, Seigneur, Seigneur, qui subsistera? Mais près de toi se trouve le pardon. »
Si nous sommes dans la peine, si notre foi faiblit, adressons à Dieu une prière venant du plus profond de notre cœur. Dieu nous écoutera et à sa manière, la meilleure pour nous soyons-en sûrs, il nous répondra à l’instant qu’il faut.
Le silence de Dieu n’est jamais une marque d’indifférence.

Pour rendre notre vie féconde sans tristesse.
Je ne sais plus où j'ai lu ce qu'écrivait le cardinal John Henry Newman (1801-1890), prêtre, fondateur de communauté religieuse, et théologien : « Sortez du tombeau du vieil Adam, abandonnez vos préoccupations, les jalousies, les soucis, les ambitions du monde, l'esclavage de l'habitude, le tumulte des passions, les fascinations de la chair, l'esprit froid, terre à terre et calculateur, la légèreté, l'égoïsme, la mollesse, la vanité et les manies de grandeur. Efforcez-vous désormais de faire ce qui vous paraît difficile, mais qui ne devrait pas, ne doit pas être négligé : veillez, priez et méditez »

Ces trois derniers mots, voilà ce qui doit être notre règle de vie quotidienne. « Prier, c’est ouvrir la porte de notre coeur à Dieu. » Dieu a des choses à nous dire : écoutons-le, ne fermons pas notre porte.

Elle est si grande, la puissance d’une âme livrée à l’amour. Marie, la sœur de Lazare, en est un bel exemple : un mot lui suffit pour obtenir la résurrection de son frère: "Seigneur, si tu avais été là, mon frère ne serait pas mort." Quand il vit qu'elle pleurait, et que les Juifs venus avec elle pleuraient aussi, Jésus fut bouleversé d'une émotion profonde. (Jn 11,32-33) Que notre prière vienne du fond de notre cœur, pour tous ceux auxquels nous avons un profond et sincère attachement ! Et puis il y a ceux que nous n’aimons pas : pourquoi ne pas prier pour eux aussi: " Aimez vos ennemis, et priez pour ceux qui vous persécutent, afin d'être vraiment les fils de votre Père qui est dans les cieux" (Mt 5,44-45) ?

Que conclure?
Le Dieu des chrétiens n’est pas un Dieu lointain, mais bien au contraire un Dieu toujours présent et soucieux de nous. Certes, il existe des situations dans lesquelles Dieu semble bien absent et sourd ; est-ce si sûr ?
Dans sa Lettre apostolique «  Au début du nouveau millénaire », le pape saint Jean-Paul II (6 janvier 2001) affirme que pour avancer sur le chemin de la sainteté, il faut un christianisme qui se distingue avant tout dans l'art de la prière. Il ajoute que la prière ne doit pas être considérée comme évidente. Il est nécessaire d'apprendre à prier, recevant pour ainsi dire toujours de nouveau cet art des lèvres mêmes du Christ, comme les premiers disciples qui demandaient : “Seigneur, apprends-nous à prier!”
Toujours d’après cette lettre, il apparaît que la prière est dialogue intime avec le Christ : “ Demeurez en moi, comme moi en vous ” (Jn 15,4)
La prière, réalisée en nous par l'Esprit Saint, nous ouvre à la contemplation du visage du Père, par le Christ et dans le Christ… Nos communautés chrétiennes doivent devenir d'authentiques écoles deprière, où la rencontre avec le Christ ne s'exprime pas seulement en demande d'aide, mais aussi en action de grâce, louange, adoration, contemplation, écoute, affection ardente, jusqu'à une vraie “folie” du cœur, qui en nous ouvrant à l’amour de Dieu, nous ouvre aussi à l’amour des autres.

En fait, tout dépend de nous. Si notre âme n’est pas toute confiante en Dieu, parce qu’elle a en elle-même une intention cachée (Dieu, évidemment que je crois en Toi, mais fais en sorte que …), ou bien parce qu’elle est distraite ou manque de sincérité, alors Dieu attend la conversion de cette âme, et rien ne vient. Si au contraire, notre âme est tout entière prête à accueillir Dieu, alors Dieu écoute et agit, mais toujours pour notre bien, immédiatement ou en différé, et souvent Il donne plus que ce qu’on lui demande.

Notre religion n'est pas la religion de l'absence de Dieu, mais de sa présence, de sa présence réelle, malgré son invisibilité et son inaccessibilité physique. Dieu n’est accessible que par la prière, et j’ajouterai, par notre âme qui saisit sa présence et sa parole. Encore faut-il que nous nous isolions, que nous fassions silence, que nous vidions de notre esprit tout ce qui l’encombre, et aussi, et c’est l’essentiel, que nous fassions confiance en Dieu.
Enfin, je précise que cet exposé sur la prière n'est pas exhaustif, et il reste encore bien des choses à dire !
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Chers lecteurs, si vous avez des remarques, des observations ou des questions, n'hésitez pas à m'écrire à l'adresse jacques.choquet2@orange.fr . Jusqu'à aujourd'hui, votre silence est "assourdissant"

Le dimanche 28 mai 2017